Tokyo 東京都, capitale du Japon.
Tokyo, métropole de 14 millions d’habitants 1.
Un réseau de transports tentaculaire, des centres commerciaux au bruit assourdissant, des écrans géants sur les avenues.
Derrière cette description alléchante (affolante ?), digne d’un JT à 20 heures, se cachent de multiples réalités. Oui, Shibuya existe et le rend bien aux vidéastes. Mais Tokyo n’est pas Shibuya. Il n’y a qu’à déambuler dans les rues devenues ruelles, s’éloigner des gares et de leurs quartiers commerçants, pour se laisser happer par la mégalopole aux allures de village.
Un village horizontal où paressent les matous aux queues atrophiées, sous l’œil torve des corbeaux. Ici, un sanctuaire shintô gardé par kitsune, le renard messager des divinités. Là, un mini jardin de rue, composé de cinq pots d’inégales dimensions, et entretenu par les habitants du quartier. Plus loin, un temple bouddhique protégé par des niô, ces gardiens effrayants, se dresse face à un konbini. Le policier îlotier fait son tour en bicyclette, tandis que la femme au foyer aère les futons familiaux sur la rambarde du balcon.
Un homme révise son examen au Moriva Coffee, un matcha latte à moitié siroté. Dehors, des petits vieux croisent les collégiens de retour de leurs activités sportives. Pas de feux de signalisation ni de trottoirs. Les voitures électriques s’arrêtent au stop tracé en blanc sur la chaussée. Des affiches politiques montrent les mêmes sourires clinquants de jeunes hommes bien sous tout rapport2. Un silence presque suspect enveloppe le touriste de passage qui a l’impression d’être tombé dans un roman de Murakami.
Et faire de la street photo à Edo 江戸 3. Pardon, faire de la street photo à Tokyo, la ville où résident les gens.