La Méthode japonaise pour vivre 100 ans (Junko Takahashi)

Couverture du livre "La Méthode japonaise pour vivre 100 ans"

Ce livre au titre sentencieux n’était pas dans ma liste de lectures . Et pour cause : je ne le connaissais même pas ! C’est en l’apercevant en tête de gondole dans une bibliothèque que je l’ai cueilli, feuilleté avant d’en entamer les premières pages. D’où un emprunt rapide, une lecture frénétique dans le train et ce présent billet qui inaugure la rubrique de mes lectures.

Genèse de ce livre traduit de…l’espagnol !

Journaliste, Junko Takahashi partage sa vie entre le Japon et le monde hispanique. Et c’est dans le pays de Don Quichotte qu’elle a choisi de publier son ouvrage, El método japonés para vivir 100 años (Edition Planeta). Albin Michel n’a pas tardé à s’en emparer et c’est Séverine Rosset qui l’a traduit de l’espagnol.

Résultat : un livre de 304 pages sorti en France le 4 octobre 2017 au prix de 17,50 euros, et composé de neuf chapitres.

Quelle est donc cette méthode ?

Evacuons d’emblée la réponse : il n’y a pas vraiment de méthode miracle pour devenir centenaire. Au travers des entretiens, il apparaît que, dans un pays où plus de 65 000 personnes sont centenaires, chacun (et surtout chacune) vit comme bon lui semble. Certains ont une vie réglée comme du papier à musique : alimentation sous la surveillance bienveillante de l’entourage, exercices physiques journaliers, sommeil régulier, etc. Tandis que d’autres n’en font qu’à leur tête et profitent de leur vie…mais sans excès !

Cependant, l’auteur, qui s’appuie sur les travaux scientifiques menés par des universitaires japonais, leur trouve quelques traits communs. Et ces traits permettent de lutter contre l’affaiblissement du corps et de l’esprit qui, à cet âge, ne pardonne pas.

Le thème prioritaire, c’est bien évidemment l’alimentation. Si les centenaire ne suivent pas UN régime miracle, ils mettent en application quelques règles de vie. Tout d’abord, une excellente hygiène bucco-dentaire et son corollaire, la mastication. Cette dernière permet d’éviter le fléau de la fausse route, et donc le développement de maladies telles que la pneumonie, et elle soulage également l’appareil digestif. Autre point important : les centenaires ne se gavent pas. Ils illustrent en cela le célèbre diction : Hara hachibun me 腹八分目, que l’auteur traduit par : « Mange jusqu’à ce que tu sois rassasié à 80% ».

Après l’alimentation, viennent les exercices physiques. Car les centenaires sont plutôt du genre actif ! Junko Takahashi évoque notamment la callisthénie de la radio ou la « radio gymnastique » (rajio taisô ラジオ体操). Depuis 1928, dès 6h30 du matin, la radio, et aujourd’hui la télévision, diffusent des émissions de gymnastique pour inciter les personnes âgées à faire de l’exercice. Et à l’heure actuelle, cela marche encore très bien ! Mais à côté de ces exercices programmés, ils continuent à s’occuper des tâches ménagères, comme ranger un futon qui pèse plusieurs kilos.

Les autres points communs relevés par l’auteur portent davantage sur la personnalité des centenaires. Elle rappelle qu’ils ont traversé un siècle particulièrement éprouvant et, du fait de leur grand âge, ils ont perdu des êtres chers. Ils ont ainsi vécu les affres de la Seconde Guerre mondiale et pour ceux qui résidaient à Tokyo, le grand tremblement de terre du Kantô, en 1923 (Kantô daishinsai 関東大震災). Pourtant, ils ont gardé une certaine forme d’optimisme teinté de prudence et ont beaucoup d’humour. ils font montre d’un esprit très ouvert et sont curieux de tout ce qui les environne. Ils vivent en pleine conscience et laissent glisser sur eux les évènements sur lesquels ils ne peuvent avoir prise.

Une lecture à recommander ?

En définitive, il serait possible de faire l’impasse sur cette lecture si la question de la longévité humaine ne vous intéresse pas. Pourtant, je recommande la lecture de cet ouvrage qui se dévore très rapidement.

J’en retiens principalement les entretiens qui sont rondement menés. On y découvre des personnes attachantes qui n’en ont pas fini avec l’existence et qui racontent leur étonnant parcours, une fois la retraite actée (souvent tardivement) : un coureur de 100 mètres de 106 ans qui rêve de rencontrer Usain Bolt, une nageuse de 102 ans qui enchaîne les longueurs, une photographe de 101 ans qui a connu le succès sur le tard, etc.

Même s’il y a beaucoup de redites d’un chapitre à l’autre, j’ai passé un agréable moment.

Je finirai ce billet sur le poème anonyme Conseils de longévité qui a été traduit ainsi :

« Si la mort vient te chercher à tes 60 ans,
Dis-lui que tu n’es pas là.

Si la mort vient te chercher à tes 70 ans,
Dis-lui qu’il est encore un peu tôt pour partir avec elle.

Si la mort vient te chercher à tes 77 ans,
Dis-lui qu’elle reste tranquille,
Que la vieillesse vient juste de commencer.

Si la mort vient te chercher à tes 80 ans,
Dis-lui que tu te sens encore très utile.

Si la mort vient te chercher à tes 88 ans,
Dis-lui que tu veux manger encore un peu de riz
Avant de l’accompagner.

Si la mort vient te chercher à tes 90 ans,
Dis-lui que ce n’est pas la peine de se presser.

Si la mort vient te chercher à tes 100 ans,
Dis-lui que tu iras quand le moment sera venu. »

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